Archives pour la catégorie Cartographie

L’application Mappy pour smartphone s’améliore encore

Mappy est la filiale « cartographie » du groupe Pages Jaunes. Depuis plusieurs mois, Mappy propose gratuitement une application de navigation GPS pour smartphone. La gratuité est un sérieux argument pour cette application face à la concurrence. Par exemple, l’application TomTom pour iPhone est proposée à 39,99 €, avec la seule cartographie de la France. Les données sont fiables : elles proviennent de l’IGN et de Michelin (source.)

J’avais moi même opté pour la solution de navigation de Mappy pour sa gratuité. Elle est satisfaisante dans son utilisation, simple et sans défaut majeur. Je ne pourrai pas faire de comparatif avec l’application TomTom par exemple, mais je la trouve aussi pratique qu’un GPS type Garmin nuvi. Notez aussi que l’utilisation sans connexion est possible, pratique dans les zones rurales où l’internet mobile n’est pas toujours disponible.  Bref, pour une application gratuite, elle est plus que satisfaisante. Il y a cependant quelques fonctionnalités plus abouties sur une solution payante comme une info-trafic performante et l’absence de publicité.

Une option m’avait interpelé sur l’application Mappy : pourquoi proposer au sein de cette application un module de recherche dans les PagesJaunes sans pouvoir être guidé sur un des résultats de la recherche ?

Et bien c’est chose faite avec la nouvelle version. Elle s’appelle MappyGPSFree et est téléchargeable ici pour iOS et ici pour Android. Désormais, vous pouvez rechercher un médecin, un réparateur ou une librairie dans une ville et y être guidé directement, sans saisir d’adresse. 

Encore plus fort : les PagesBlanches sont aussi intégrées. Vous pouvez rechercher le nom d’une personne et être guidée chez elle sans avoir à saisir son adresse complète.

Enfin, comme d’autres systèmes de navigation, vous disposez d’indications vocales, d’une vue en mode portrait ou paysage, d’une vue 2D ou 3D, de quelques bâtiments en 3D, de la météo sur votre itinéraire, d’itinéraires alternatifs, etc.

À noter que d’autres applications de ce type et proposant ces fonctionnalités existent. (Mais Mappy est la seule à permettre de rechercher un particulier.)

Waze est une bonne alternative, gratuite elle aussi, et propose une volet collaboratif avec mise à jour des cartes par les utilisateurs, signalement d’accidents, de contrôles radars, travaux, etc. De plus, il est possible de faire une recherche sur Google, sélectionner un résultat et se laisser guider par Waze. Sur Android, la navigation de Google est aussi une bonne alternative. Elle permet de faire une recherche puis de se laisser guider. Mais ces deux alternatives ne sont pas disponibles hors-ligne et on le répète, ne permettent pas d’être guidées à partir des PagesBlanches ni des PagesJaunes.

En résumé, il va devenir de moins en moins fréquent de devoir taper l’adresse du lieu où l’on désire être guidé. Une simple recherche suffit désormais dans de nombreux cas grace à des bases de données de plus en plus riches.

Pour conclure, on va se rappeler que les PagesJaunes sont une sorte de régie publicitaire. Les clients des PagesJaunes cherchent une visibilité auprès des particuliers. On voit bien que le groupe Pages Jaunes cherche à promouvoir par tous les moyens ses clients (commerçants, artisans, entreprises, …) qui lui font confiance pour se faire connaître. Et pour parvenir à ses fins, le groupe Pages Jaunes ne se contente plus du simple annuaire papier mais vient directement se positionner sur des solutions que propose déjà Google :

  • une base d’adresses (PagesJaunes vs. Google Places),
  • des vues immersives (UrbanDive vs. StreetView),
  • une cartographie en ligne (Mappy vs. Google Maps)
  • une solution de navigation (MappyGPSFree vs. Google Navigation)

Google et le groupe Pages Jaunes ne sont pas en concurrence directe sur leurs solutions cartographiques, mais leur ambition est là même, à savoir assurer une publicité, un marketing, une visibilité, les meilleures et les plus larges possibles pour leurs clients. La preuve de ce marketing ? L’application MappyGPSFree propose les bons plans autour de l’utilisateur (promotions, réductions, déstockages.) Voilà pourquoi l’application est gratuite : c’est un vecteur de publicité ciblée.

Comme quoi, la cartographie en ligne est aussi un enjeu marketing !

UrbanDive, Mappy, PagesJaunes et PagesBlanches sont des marques déposées du groupe Pages Jaunes.

Les ratés de « Maps » sur iOS 6

On ne s’improvise pas fournisseur de web services dans l’information géographique ! Tuiles non générées, grossières erreurs cartographiques, absence de raccords colorimétriques entre sources satellitaires différentes, etc … Sans parler des modèles 3D assez fantaisistes.
Une restitution 3D assez aléatoire ...
Apple a bien terni son image en laissant tomber son partenariat avec Google.
Si bien qu’un Tumblr a été créé pour railler les cartes sous iOS : The Amazing iOS 6 Maps.

On sent bien qu’Apple a précipité le lancement de ces services et en fait les frais. De son côté, Google serait déjà en train de riposter avec la préparation d’une application pour iOS 6.

EDIT 25/09/12 : Google dément son retour sur iOS6. De son côté, Apple débauche des développeurs de chez Google Maps pour améliorer son application Maps. Source : Techcrunch

La carto 3D par Apple dans iOS 6 : RDV le 12 septembre

Il ne fait plus de doute qu’Apple présentera l’iPhone 5 le 12 septembre. En marge de cette présentation, c’est aussi iOS 6 qui sera officialisé, avec une nouvelle cartographie « maison ». En effet, Apple a décidé de se passer des services de Google Maps et de proposer ses propres contenus. (Présentation ici.)

Il n’y a plus de doutes sur le fait qu’Apple fasse l’impasse sur une cartographie 3D, d’autant que Google avait présenté sa carto 3D dès le début de l’été.

Comme chez Google, la construction de ces cartes 3D devrait se faire par photogrammétrie aérienne en traitant en priorité les zones urbaines.

Le rendu 3D étant très gourmand en ressources, cette carto 3D ne devrait logiquement être disponible que sur les iPhone et les iPod les plus récents (seulement le 4S et le 5 ?) Il est aussi courant pour Apple de ne pas proposer toutes les nouvelles innovations aux propriétaires d’anciens iPhone (Siri, l’assistant vocal, qui n’est par exemple pas disponible sur l’iPhone 3GS). Et oui, il faut bien tenter à la consommation en rendant rapidement les appareils obsolètes !

Autre interrogation : dans l’application Maps, les contenus de Google Maps incluent aussi Street View. Qu’en sera t-il quand Apple coupera les ponts avec Google ? Il n’y aura plus de vues immersives ? Pour le coup, ce serait vraiment de manque …

Rendez-vous le 12 septembre pour plus de détails !

 

La 3D sur iOS par Google est là !

Google aura donc grillé la priorité à Apple pour la mise à disposition des cartes en 3D sur iOS (iPhone 4S, iPad 2 & 3) dont nous parlions ici, via une mise à jour de Google Earth pour iOS.

Mise à jour Google Earth 7.0
Mise à jour Google Earth 7.0

Pas mal d’infos dans la description de la mise à jour, mais peu de villes sont pour l’instant couvertes. Pour rappel, Google a fait le choix de la photogrammétrie pour construire ses modèles 3D et des prises de vues à 45° pour éviter les occlusions.

Pour la solution 3D d’Apple, il faudra attendre iOS 6 dans quelques mois. On pourra alors comparer les deux solutions.

Le guidage en vélo par GPS sans écran

Le titre de cet article est accrocheur, n’est-ce pas ? Comment peut on réaliser la prouesse de suivre un itinéraire à vélo sans jamais poser les yeux sur son GPS ? Ni même en écoutant des instructions ?

L’idée (géniale) de Michael Fretz est d’indiquer le moment de tourner à droite ou à gauche par des vibrations dans les poignées du guidon. Pour cela, il utilise un téléphone sous Android, un arduino et deux vibreurs. L’idée est d’intégrer les vibreurs dans les poignées du vélo, et de déclencher la vibration quelques mètres avant de tourner.

Là où l’idée est géniale, c’est que l’on ne quitte pas la route des yeux et le GPS (ou le smartphone) est à l’abri en cas de pluie. Le concept prend encore plus de sens à scooter ou à moto. Écouter les instructions vocales dans des écouteurs tout en étant coupé des bruits ambiants coupe toute notion de danger.

Le concept date de 2010, mais je le trouve intéressant.

PUNKT.FIZN from Danny Arielli on Vimeo.

D’autres informations ici.

S’y retrouver dans le monde des projections cartographiques

« Non, ça n’est pas la vraie taille du Groenland. »

Introduction

Une projection consiste à représenter sur deux dimensions (un feuille de papier ou un écran) une réalité qui a trois dimensions. Sur internet, les services de cartographie ne jurent principalement que par la projection de Mercator. Cette projection conserve les angles mais pas les surfaces. On parle de projection conforme.

Google Maps utilise une projection de Mercator

On voit sur l’exemple ci-dessus que le Groenland est très déformé. Plus on s’éloigne de l’équateur, plus les déformations sont importantes.

Il existe des alternatives, qui permettent de concilier au mieux « surface » et « angles » pour représenter un pays. Par exemple, en France, c’est la projection conique conforme de Lambert qui est la mieux adaptée. Elle consiste à projeter la sphère terrestre sur un cône, puis à aplatir le cône.

Une projection qui conserve les surfaces est dite équivalente.

La projection de Peters est équivalente

Ci-dessus un exemple de projection dite équivalente. Les surfaces sont conservées, mais le contour des continents est très déformé.

Il n’existe pas de projection qui permette de conserver à la fois angles et surfaces. Par contre, il existe des projections qui ne conservent ni angles ni surfaces. Elles sont dites aphylactiques. Elles peuvent parfois conserver les distances sur les méridiens.

Manipuler la Terre dans différentes projections

Gregor Aisch développe une bibliothèque de web-mapping nommée Kartograph. Elle est basée sur du 100% vecteur. Exit le concept de tuiles. Il en profite pour nous proposer une interface graphique permettant de choisir la projection souhaitée dans l’utilisation de son module de web-mapping. On peut même en extraire le script.

Exemple du module de projection de Kartograph

Je trouve le concept très pratique et a le mérite de nous montrer concrètement l’utilité des différents paramètres d’une projection. En jouant sur les curseurs bleus, la carte se déforme. En faisant un cliqué-glissé sur la carte, on peut déplacer la vue.

Au final, 27 projections différentes peuvent être affichées.

La bibliothèque Kartograph est en cours de développement, mais on aura probablement l’occasion de la passer en revue dans la pratique prochainement.

Google fait le choix de la photogrammétrie

Suite à l’article présenté sur ce blog, regardons si mes pronostics se sont avérés justes …

Ce mercredi soir, Google a présenté les nouvelles caractéristiques de Google Maps / Google Earth. Outre les fonctionalités de mode hors ligne et leur nouvel appareil de prises de vues embarqué dans un sac à dos (Street View Trekker, près de 20 kg), la nouveauté est effectivement l’avènement de la 3D généralisée sur des villes entières.

Street View Trekker en action
Street View Trekker en action – Source : Google

La 3D dans Google Maps

La technique retenue est celle de la photogrammétrie. Cette technique est éprouvée depuis de nombreuses décénies, avant même l’arrivée du numérique. Elle nécessitait tout le savoir faire d’un photogrammètre sur cet appareil de torture permettant de voir en 3D à partir de deux clichés argentiques :

Restituteur analogique
Restituteur analogique à l’Ecole Supérieure des Géomètres et Topographes.

Aujourd’hui, le photogrammètre travaille sur un ordinateur muni d’un écran 3D et des clichés numériques.

Concrètement, la technique repose sur la prise de vues aériennes d’une même scène sur deux angles de vue (stéréoscopie). La caméra embarquée sur l’avion prend un cliché, il avance et prend un second cliché, ce second cliché couvrant au minimum 60% du cliché précédant. On parle de recouvrement logitudinal. Sur les 60% en commun aux deux clichés, l’angle de prise de vue a changé et la restitution stéréoscopique (la 3D) est possible. Lorsque l’avion a terminé une bande (un axe de vol), il fait demi-tour et recommence et couvrant 30% de la bande précédante. On parle de recouvrement latéral.

Le recouvrement de 60%/30%
Le recouvrement de 60%/30% – Source : ENSG

Les deux angles de vue permettent, via une calibration, de voir en 3D. Seules deux images suffisent pour produire un modèle 3D (on parle aussi de modèle numérique de surface). Avec plus de deux images, on parle d’aérotrianglulation. On obtient un produit encore plus précis. Plus de détails sur la technique ici (avec des maths !)

Alors pourquoi Google prend aussi des clichés à 45° ?

Prises de vues aériennes selon Google
Prises de vues aériennes selon Google (Source : CNET)

En raison du phénomène d’occlusion : une fois le modèle construit, certains pans des bâtiments ne pouront pas être « drapés » de la photo aérienne. Un dessin permet de bien comprendre :

Phénomène d'occusion
Phénomène d’occlusion – Illustration (brouillonne – je le reconnais) de l’auteur.

Pour éliminer ce problème (il faut texturer tous les pans d’un immeuble), Google a choisi de réaliser des prises de vue obliques en plus des simples clichés destinés à faire le modèle 3D. Ainsi, l’avion faisant plusieurs passages pour quadriller la ville, un bâtiment est vu sous toutes les coutures. Il s’agit donc de « quadri-stéréoscopie ».

Notez que le satellite français Pléiades 1A (lancé fin 2011, Pléiades 1B à suivre) permet – via un dépointage – de photographier un scène sous deux voire trois angles et de faire un modèle 3D texturé. Cependant, la résolution des images est de 70 cm au nadir, et atteint rapidement 2m en dépointant. Ce qui ne permet pas d’obtenir le même résultat qu’avec un avion.

La technologie de photorestitution 3D automatique

Là où Google innove, c’est avec un système qui (et ils insistent là dessus) permet de faire la photorestitution de façon totalement automatique.

Modèle numérique de surface avec texturage
Modèle numérique de surface avec texturage

Mon expérience récente sur les logiciels spécifiques tels que Photomodler ou DVP montrait que ce traitement automatique foirait lamentablement à chaque tentative. (Bâtiments qui ressemblent à des patates plutôt qu’autre chose). Et quand ça marchait sur quelques morceaux à modéliser, il fallait des configurations surpuissantes (4 Go DDR3 minimum, un processeur de gamer, etc.) Pour obtenir un bon résultat, chaque élément devait donc être dessiné à l’écran en ayant pris soin de chausser ses lunettes 3D. C’est long et coûteux.

Le point clé dans le processus est la reconnaissance automatique d’un maximum de points homologues sur deux prises de vue d’une même scène. Plus il y a de points homologues, plus le modèle 3D est fin. Il faut donc disposer d’algorithmes de reconnaissance de forme très pointus. Reste à voir si Google a développé son système ou s’il a fait appel à une boite spécialisée, comme Apple l’a fait avec le suédois C3 Technologies. (Présentation de leur système carto dans une semaine.)

Conclusion

Mes pronostics n’étaient pas si faux. Les données 3D des scanners laser des voitures street view n’ont visiblement pas (encore ?) été utilisées. La photogrammétrie a été préférée au lidar (laser aéroporté.) Et les premiers résultats sont bluffants. La finesse des détails sur les bâtiments est à peine croyable.

Rendu 3D dans Google Maps
Rendu 3D dans Google Maps (ancienne version ?)

On remarque toutefois que le phénomène d’occlusion ne peut pas toujours être éliminé, surtout lorsque les immeubles hauts sont proches les uns des autres. Même en réduisant la focale de l’appareil imageur et en augmentant l’altitude de l’avion, l’opération est impossible.

Pour visualiser ceci : maps.google.com, activez MapsGL et rendez-vous sur une ville couverte, telle que San Francisco en mode earth. #EDIT (7/06/12) : il semble pour l’instant que le rendu visible n’est pas celui évoqué dans l’annonce mais provient du dessin des bâtiments avec Sketchup.

Apple abandonne la solution Google Maps pour son application Plans sur iOS. Voyons ce qu’Apple nous réserve de son côté !

Google nous prépare la 3D dans Google Maps …

Que nous réserve Google pour le 6 juin ?
« The next dimension of Google Maps » Pour l’instant, on est en 2D. (Une vue polaire dans Street View : angles vertical et horizontal.)
La « prochaine dimension » serait la 3D donc ? J’ai ma petite idée là-dessus …

Depuis plusieurs années déjà, les Google Car sillonnent les rues et routes d’un grand nombre de pays.
Pour l’instant, ce que l’on peut voir sur Street View sont de simples photos panoramiques géoréférencées. Mais cette photo du mat d’une Google Car me dit que d’autres données ont été acquises …

Vue détaillée d'un mat de Google Car
Vue détaillée d'un mat de Google Car (photo : ekstreme.com)

Ces voitures enregistrent donc au moins 3 données :

  • des images panoramiques (8 caméras grand angle sur le mat)
  • les coordonnées de chaque prise de vue (au moins métriques, à l’aide d’une antenne GPS bi-fréquence vraissemblablement, positionnée sur le toit de la voiture)
  • un nuage de points 3D (à l’aide de deux scanners-laser 3D accrochés de part et d’autre du mat de la voiture)

On peut soupçonner la présence d’une centrale inertielle dans le mat, afin de disposer de son attitude et de recaler à la fois les images et le nuage de points 3D à l’horizontale. On sait aussi que des données WiFi étaient enregistrées. Lorsque la voiture passait dans une rue, elle captait les routeurs WiFi. Comme la voiture embarque un GPS, elle pouvait associer une localisation à chaque routeur. Ainsi, lorsqu’un utilisateur de smartphone ne capte pas de signaux GPS mais des signaux WiFi, il peut quand même se géolocaliser. Cette technique fait aussi appel à la localisation des antennes relais captées par le téléphone. Outre Google, SkyHook-wireless travaille dans ce domaine. Désormais, ce ne sont plus les voitures qui enregistrent les points WiFi mais directement vos smartphones. 

Mais au fait, c’est quoi ces scanners-laser 3D ?

Pour faire simple, il s’agit d’appareils qui émettent un rayon laser (vert ou infrarouge) et qui mesurent la durée aller-retour de l’implusion laser. On peut donc en déduire la distance du point d’impact du laser (la façade d’une maison par exemple) depuis le mat.

Cette opération de mesure de distance est faite des centaines, voire des milliers de fois par seconde. Un petit miroir dans l’appareil, actionné par un moteur, réfléchit le rayon laser avant qu’il ne soit émis. On créé alors un balayage du laser, de haut en bas. On réalise donc un profil vertical. La voiture avance, donc on modélise une surface en 3D. On rappelle qu’un scanner se trouve de chaque côté de la voiture. Les relevés se font des côtés gauche et droit de la voiture, ce qui permet de lever tout le corps de rue.

Principe de fonctionnement du LMS500 de chez Sick (video YouTube.)

On dispose maintenant de notre nuage de points en 3D.

Source : Christian Früh

Comme dans un jeu-video, il faut  habiller cette surface 3D. Et pour cela, on va utiliser les photos réalisées et les « plaquer » sur le nuage de points :

Source : Christian Früh

Allons plus loin …

Imaginons maintenant que le même principe soit mis en place sur un avion …

L’avion prend des photos et créé un modèle 3D du sol avec un laser (lidar) ou par photogrammétrie. Tous les ingrédients sont réunis pour faire une maquette 3D. En combinant les données créées au sol plus celles créées en vol, on est capable de composer ceci :

Maquette 3D. Source : Christian Früh

Voilà à peu près ce que Google devrait nous présenter le 6 juin. Du moins j’en fais le pari 😉 On notera que ceci existe déjà peu ou prou dans Google Earth pour le relief et les bâtiments qui ont été dessinés manuellement.

Sources :

http://www.sick.com/group/EN/home/products/product_news/laser_measurement_systems/Pages/lms5xx_laser_measurement_sensors.aspx
http://www.ubergizmo.com/2012/06/google-to-hold-google-maps-event-this-coming-june-6/
http://ekstreme.com/thingsofsorts/fun-web/chatting-with-a-google-street-view-driver
http://www-video.eecs.berkeley.edu/~frueh/3d/

Jouer à un TowerDefense dans le mode Quest de Google Maps

Tu es geek, adepte du rétro-gaming ? Tu aimes la cartographie ? Tu es nostalgique des graphismes 8 bits ? Alors Duncan Barclay a pensé à toi !

Il a adapté le thème du Tower Defense (voir la définition sur Wikipédia) sur la couche Quest de Google Maps et en a fait un jeu avec l’API Google Maps : MapsTD.

Le principe est simple : défendre une position en plaçant des tours de défense.

  1. Tu choisis un lieu à défendre.
  2. Tu places une tour de défense en la faisant glisser à proximité du chemin bleu (disponible dans le menu de droite). La tour ne peut pas être placée SUR le chemin.
  3. Tu cliques sur Start. Des assaillants arrivent par le chemin bleu sur ta position.
  4. Si ta défense est bonne, ils sont tous détruits. Sinon tu perds de la vie.
  5. Au round suivant, soit tu économises l’argent gagné si ta défense est solide, sois tu investis dans une nouvelle tour. Il existe des tours plus ou moins puissantes, plus ou moins onéreuses, avec plus ou moins de portée. On verra plus bas que l’on peut aussi upgrader (améliorer en bon français 😉 ) les tours.

Voici une capture d’écran du jeu en défendant Toulouse :

MapsTD

Le jeu se complique au fur et à mesure, de deux façons :

  • les assaillants sont plus nombreux et plus durs à vaincre
  • de nouveaux itinéraires pour les assaillants sont ajoutés

Il faut donc ajouter des tours de défense sur les chemins existants mais aussi sur les chemins ajoutés au fil de la partie.

Il y a aussi possibilité d’améliorer les tours de défense (portée, dommages). Pour cela, on clique sur la tour, un nouveau menu apparaît. On achète les améliorations niveau par niveau (il faut acheter les niveaux 1 puis 2 puis 3 pour acheter le 4).

Si tu manques de place, tu peux dans ce même menu vendre la tour pour la remplacer par une plus puissante.

Le jeu se termine au niveau 50, on y arrive sans trop de difficultés. On peut soit continuer avec le niveau 51, soit changer de lieu en repartant de zéro.

MapsTD - Niveau 51

Attention, c’est addictif. 😉

Bon jeu !

Produire des cartes originales à partir des données OpenStreetMap

On ne présente plus OpenStreetMap, ce projet de cartographie mondial collaboratif, ouvert et donc gratuit.Logo OpenStreetMap

Il a été récemment adopté par Foursquare, Wikipedia et Apple pour son application iPhoto. (Sans citer les contributeurs d’ailleurs. Grrrr …) Microsoft avait déjà accordé l’usage de ses images Bing pour faire avancer la production de cartes, tout comme la DGFiP (Direction Générale des Finances Publiques) en proposant les feuilles de cadastre scannées ou carrément les objets vecteurs de la base PCI.

Tout ceci a grandement facilité l’évolution de la carte en France, puisque les contributions ne pouvaient à l’origine que se faire par l’enregistrement de traces GPS.

Dans certains pays (Indonésie, Bosnie …) OpenStreetMap propose des cartes plus riches que celles de Google Maps !

Que ce soit en France ou ailleurs, le rendu standard n’est pas toujours très beau et on peut avoir envie de créer des cartes originales.

J’ai retenu trois services :

MapOSMatic permet de produire un carte assez standard, avec un carroyage et une annexe comportant la liste des rues visibles sur la carte. Un exemple ici.

FranceTopo propose une cartographie orientée topographie/cartes de randonnées en combinant non seulement les données OSM mais aussi les données de la mission SRTM (Shuttle Radar Topography Mission – NASA). Cette dernière apporte un modèle numérique de terrain constitué par interférométrie radar, ce qui donne un aspect de relief à la carte et ajoute les courbes de niveau. Tous les détails sur ces données sont disponibles ici. Voici le type de rendu que l’on obtient en montagne :

Attention cependant : les données sur OpenStreetMap ne sont pas forcément fiables, notamment dans des endroits qui n’ont été cartographiés qu’une seule fois. Il serait peu prudent d’utiliser ces cartes pour préparer une randonnée en montagne. Orientez-vous plutôt vers les cartes 1/25000 de l’IGN.

Stamen propose quant à lui deux rendus beaucoup plus originaux : un en noir et blanc, dit « toner » car inspiré du rendu des imprimantes laser N&B, et un autre sous forme d’aquarelle, dit « watercolor. » Il en existe un troisième, dit « terrain » qui donne une apparence 3D à la carte. Mais il necessite des données qui ne sont pas disponibles sur la France. Ci-dessous, un exemple sur Bayonne.Comparatif entre la carte originale, le rendu watercolor et le rendu toner

Comment intégrer watercolor et toner sur un site web ?

Avec des librairies JavaScript comme OpenLayers ou l’API Google Maps.

Pour cela, il faudra mettre cette ligne en entête dans le code la page pour appeler les tuiles Stamen :

<script type="text/javascript" src="http://maps.stamen.com/js/tile.stamen.js"></script>

Avec OpenLayers

On insère ce code :

var layer = new OpenLayers.Layer.Stamen("toner");
var map = new OpenLayers.Map("element_id");
map.addLayer(layer);

On remplacera « toner » par « terrain » ou « watercolor » pour changer l’aspect de la carte. (Rappel : à l’heure où j’écris ces lignes, la classe « terrain » n’est pas disponible sur la France.)

En voici un exemple ici. Vous pouvez récupérer le code source.

Avec l’API Google Maps 

var layer = "toner";
var map = new google.maps.Map(document.getElementById("element_id"), {
    center: new google.maps.LatLng(37.7, -122.4),
    zoom: 12,
    mapTypeId: layer,
    mapTypeControlOptions: {
        mapTypeIds: [layer]
    }
});
map.mapTypes.set(layer, new google.maps.StamenMapType(layer));

Idem, on remplace la classe « toner » par « watercolor » pour obtenir l’aspect aquarelle.

En voici un exemple ici. Vous pouvez récupérer le code source. Notez qu’il n’y a plus besoin d’avoir de clé d’API pour utiliser l’API Google Maps, sauf si c’est dans un cadre commercial.

Variante : en affichant des tuiles (simples images.)

Pour ce faire, il suffit d’inclure un lien du type :

  • http://tile.stamen.com/watercolor/<zoom>/<x>/<y>.jpg
  • http://tile.stamen.com/toner/<zoom>/<x>/<y>.png (il s’agit bien de PNG et non de JPEG ici, pour ne pas avoir d’artefacts liés à la compression JPEG.)

Cette solution est plutôt adaptée pour l’application iPhone OpenMaps, pour laquelle on entrera ce lien dans les paramètres.